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Le douglas en France


Introduction

Aujourd’hui et depuis plus de 20 ans le Douglas est la principale essence de reboisement en France. Tout cela est du à sa remarquable adaptation aux stations forestières Françaises notamment en Rhône Alpes et en Limousin.

 Nous sommes en mesure de nous demander si à l’heure actuelle le douglas n’est il pas planté à tort et à travers ?

 Après avoir fait une présentation brève du douglas, nous verrons comment le mener à maturité. Puis nous regarderons son impact en France sur l’écologie, et l’économie. Pour finir nous verrons quelques exemples de réalisation en Douglas.

1.   Présentation

1.1 Aire naturelle

En 1792, Archibald MENZIERS botaniste britannique découvre le douglas dans l’île de Vancouver en  Colombie Britannique au Canada.

Il faut également noter que le douglas était présent en Europe de Est (Pologne) dès le tertiaire. On en a retrouvé des fossiles.

Aujourd’hui, son aire naturelle est très étendue on le rencontre en Colombie Britannique, dans l’état de Washington, de l’Oregon, de la Californie. Tout cela représente une zone de 2000 Kms de long et de 150 Kms de large. L’altitude varie de 0 à 1500 mètres dans le sud de son aire. 

Aire Naturelle

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            Photo de l’Ile de Vancouver

1.2 Botanique

  • Arbre : très grande taille (100 M) dans son aire naturelle. En France, les arbres ne dépassent pas les 55 mètres.

  • Rameaux : souples, pendants, brun orangé, légèrement pubescents.

  • Rhytidome : d’abord lisse, gris vert, pustules de résine, puis liégeux, crevassé.

  • Aiguilles : droites, aplaties, molles, dégagent une forte odeur de citronnelle.

  • Fructification : irrégulière, apparaît à la 12éme année, bonne fructification tous les trois ans.

  • Fleurs : inflorescences mâles disposées face inférieure des rameaux, fleurs femelles vers le sommet de l’arbre.

  • Cônes : ovoïdes à maturité, pendants, de 6 à 9 cm de long.

  • Graines : triangulaires, de 6 à 8 mm de long, brun foncé sur la face, gris mat de l’autre, pour en avoir 1 Kg compter 95 000 graines.

  • Bois : le bois de douglas est brun rose au cœur, aubier jaune clair.

1.3   Ecologie

Actuellement en France le douglas est utilisé en reboisement presque partout. Ici je vous donnerai les caractères moyens de l’espèce.

C’est une essence de pleine lumière. Il ne supporte pas le couvert. Toutefois dans ses jeunes années un abri peut être bénéfique.

Pour espérer une bonne croissance le douglas réclame une pluviométrie annuelle au moins égale à 700 mm. Il lui faut également une température annuelle comprise entre 8 et 11°. En ce qui concerne l’acidité, le douglas pousse sur un sol acide (PH de 5 à 6). Si le douglas aime l’eau en abondance, il n’aime pas la garder (il lui faut un sol filtrant). Pour espérer des arbres de 40 à 50 mètres de haut, il lui faut un sol profond ou une très forte pluviométrie.

Il est aujourd’hui planté de 0 à 1200 mètres, mais à cette hauteur il faut être abrité. Il se développe très mal dans les régions ventés.

Pour ce qui concerne sa résistance au vent elle est très bonne. Le douglas ne casse pas il se déracine. Mais il faut faire attention, dans son jeune âge, il est encore peu stabilisé.

Il supporte également bien le froid hivernal, même dans son jeune âge. En ce qui concerne les gelées tardives, elles sont rares car il débourre tard. Mais on n’est pas à l’abri d’une gelée  très tardive. Cela se traduit par une destruction des jeunes pousses. On peut voir apparaître des fourches.

Si le douglas supporte assez bien la sécheresse estivale il ne supporte pas bien celle qui se produit en hiver. Cela se traduit par un rougissement des feuilles. On parle alors de « rouge physiologique ».

2. Le douglas en France

2.1 Introduction sur le territoire

C’est en 1842 à Louvigne le Desert qu’ont été plantés les premiers Douglas en France. Mais ces pionniers étaient plantés à titre d’ornement. Ce n’est qu’en 1872 que la première futaie de douglas vit le jour à Claveisolles.

22. Développement

Dans la seconde partie du 19° Siècle on le voit apparaître un peu partout en France. Mais cela est resté limité car le prix des plants était très élevé. Il faut attendre la création du FFN en 1946 pour voir les plantations se développer. Au niveau national, on voit que sept classes d’âge depuis 1910, depuis 0-4 ans jusqu’à 30-34 ans, totalisent plus de 312 000 Ha, soit 93,7 % de la surface totale. Le développement de l’espèce a été très modeste pendant les dix premières années du FFN et a atteint son apogée en 1975. On voit une baisse des plantations dans les années 1990 due au ralentissement de l’activité du FFN. Mais le douglas reste tout de même la première essence de reboisement avec une avance de 30% sur les autres résineux. On peut également voir que l’âge moyen des plantations est de 19 ans à heure actuelle.

2.3 Localisation

On localise la plus grosse partie des plantations dans le Grand Massif Central. La Saône et Loire compte 27 000ha. On comptabilise en France 333 000 hectares. La France est le premier pays de l’union Européenne avec plus de 60% des surfaces.

2.4 Propriétaire

            A l’heure actuelle, les douglasaies sont pour leur grande majorité privée (plus de 84%). Il faut noter que c’est très variable d’un département à l’autre. Les domaines possèdent  6% des surfaces totales et les 10 % restants sont possédés par les communes.

Douglas du mont de beaujolais

3. La sylviculture

3.1 Le choix de la station

Le douglas est une espèce qui peut s’adapter à des stations très diverses. Mais cependant il existe des limites  qu’il ne vaut mieux ne pas franchir, si l’on veut éviter des échecs.

Sur le plan de la pluviosité, une excellente croissance pourra être obtenue quand celle-ci atteint au moins 1000 mm/an. Cette pluviosité est couramment obtenue en versant Ouest des moyennes montagnes de notre pays comme par exemple les monts du Beaujolais et en Morvan. En dessous, une croissance tout à fait convenable sera atteinte. Mais il faut éviter de descendre en dessous de 700 mm/an.

Carte des cumuls des précipitations sur 1 an

         Le douglas supporte sans problèmes les basses températures en hiver. Mais au printemps il est sensible aux gelés tardives. Il existe des parades comme le choix de la provenance ou le débourrage est plus tardive.

         Pour ce qui concerne l’altitude, les provenances sont diverses comme on l’à vu dans le chapitre 1. Mais il faut rester prudent car aujourd’hui en France les plus belles productions sont entre 400 et 800 mètres d’altitudes.

         Un des points à ne pas négliger est l’exposition au vent car malgré ce que l’on en dit le douglas n’aime pas avoir la tête au vent.

         Et enfin le point le plus important : le sol. Le douglas est une essence relativement exigeante au niveau de ce dernier. Il ne tolère pas les sols hydromorphes (c'est-à-dire gorgés d’eau) (les sols avec beaucoup d’argile et de limons). Il n’aime pas les sols calcaires ainsi que les sols superficiels. Ce sont finalement les sols bruns acides (PH 5 à 6), suffisamment profonds, avec un taux de matière organique de l’ordre de 3 à 5 %, à texture de sable argilolimoneux qui conviennent le mieux au douglas.

         Pour résumé la meilleure station :

Altitude

400 à 800 m

Pluviosité

> de 700

Température moyenne

> de 9°

PH

De 5 à 6

Granulométrie

Argile < de 20 %

Limons < de 30 %

Sables > de 50 %

Profondeur du sol

> de 40 Cm

3.2 Le choix de la Provenance

Les peuplements contrôlés (étiquette bleue). Des plants obtenus à partir de graines récoltées sur ces peuplements ont été introduits dans des essais comparatifs avec des provenances de l’aire naturelle. Les peuplements ayant montré une supériorité pour un ou plusieurs caractères dans un ou plusieurs sites expérimentaux ont été admis dans la catégorie. Les peuplements contrôlés sont pour la plupart situés dans les monts du Beaujolais.

Vergers

Département

Altitude

Température

Pluviosité

Au Charnay

Saône-et-Loire

550

8

1016

Bois du Moulin

Saône-et-Loire

400

8

1016

Chassagne

Rhône

550

8

1016

Chatenay

Rhône

500

8

1016

En Argaud

Saône–et-Loire

500

8

1016

Les Perelles

Rhône

650

8

1016

Les Sarrets

Rhône

520

8

1019

Montaplant

Rhône

800

8

1016

Soultz

Haut-Rhin

550

9

970

St Just d’Avray

Rhône

750

8

1016

Vendresse

Ardennes

200

10

770

 Les peuplements classés (étiquette verte). Ils ont été sélectionnés sur des caractères extérieurs comme par exemple la rectitude du fût, la finesse de la branchaison. Ils sont regroupés en régions de provenance.

Les graines récoltées dans le cadre de dérogation (étiquette jaune). Ce sont des graines importées qui, pour l’essentiel, proviennent des Etats-Unis. Le territoire américain a été découpé en zones de récoltes.

3.3 La préparation du sol

La préparation du terrain a une importance capitale : elle conditionne souvent la réussite d’une plantation de douglas en influant sur les conditions de plantation et donc la reprise des plants, leur croissance ultérieure, la fréquence et la nature des entretiens futurs. Les techniques de préparation du terrain vont évidemment dépendre des rémanents, de la nature de la végétation en place avant les travaux, des caractéristiques du sol.

         Aujourd’hui, les souches et cépées sont arrachées soit au bull soit à la pelle mécanique puis sont mises en andins. Les andains correspondent toujours à une perte de place et ils gênent les travaux d’entretien ultérieurs, d’autant plus que les lignes de bordure sont concurrencées par une végétation souvent luxuriante qui tire parti de la terre végétale accumulée dans l’andain. Le dessouchage n’est pas une solution idéale.

Andainage à la pelle mécanique

         Le travail du sol a des avantages : développement racinaire, économie d’eau, enfouissement de la fertilisation. Pour cela il faut labourer le sol ou le sous-soler. Le labour se fait à l’aide de charrues forestières. La profondeur de travail des charrues à socs est de l’ordre de 30 Cm. Le labour est parfois réalisé en bandes, ce qui permet une légère économie. Sur le plan technique, les dérayures peuvent favoriser le drainage, mais la présence de la bande non labourée limite le développement des racines : les résultats du labour en bande sur la croissance des douglas sont toujours inférieurs à ceux obtenus avec la labour en plein. La présence de dérayures, qui persisteront pendant toute la vie du peuplement peuvent gêner les entretiens et travaux futurs. La végétation est rapide, elle va coloniser les bandes non labourées. Le graphique qui suit montre le développement des racines après un labour (donner en mm).

3.4 Choix de la densité

Ce choix est fondamental, car il va conditionner toute la sylviculture qui va suivre. Les densités élevées (plus de 2000 plants par Ha) ont été pratiquées dans les années 1950/60, car on ne connaissait pas grand-chose de l’espèce. Les inconvénients outre le coût élevé des plantations, étaient la production d’arbres filiformes (problème de chablis).

Plantation de douglas

A l’opposé, on connaît les inconvénients de densités vraiment très faibles (moins de 800 plants par Ha). Le propriétaire sera contraint de prolonger les entretiens, une perte de production, une branchaison importante. 

On peux résumer la densité de plantation comme suit.

Nombre par Ha entre 800 & 1000

Nombre par Ha entre 1000 & 1600

Entretien avec gestion d’une végétation d’accompagnement

Dépressage, éclaircies

Taille de Formation sur 200 plants

Elagage requis sur 6 M sur 200 tiges/Ha

 

On peut appliquer le tableaux suivent selon la sylviculture que l’on a appliquée.

En faveur d’une densité de plantation

Faible

Forte

Peu ou pas d’intervention possible si

Petite

Taille de la parcelle

Grande

Faible

Profondeur du sol

Importante

Forte

Pente

Faible

Faible

Présence du gibier

Importante

Grande

Distance débardage

Faible

Peu

Débouchées petits bois

Existent

Intervention Possible si

De qualité

Qualité du sol

Standard

Absent

Travail du sol

Présent

Absent

Fertilisation

Présent

mécanisables

Entretien

manuel

Conséquences du choix fait

Nécessaire

Regarnie

Inutile

Forte

Branche

Fine

Important

Volume d’un arbre

Faible

Non

Eclaircie en cloisonnement

Oui

Faible

Pos