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Le douglas en France

1.   Présentation

1.1 Aire naturelle

En 1792, Archibald MENZIERS botaniste britannique découvre le douglas dans l’île de Vancouver en  Colombie Britannique au Canada.

Il faut également noter que le douglas était présent en Europe de Est (Pologne) dès le tertiaire. On en a retrouvé des fossiles.

Aujourd’hui, son aire naturelle est très étendue on le rencontre en Colombie Britannique, dans l’état de Washington, de l’Oregon, de la Californie. Tout cela représente une zone de 2000 Kms de long et de 150 Kms de large. L’altitude varie de 0 à 1500 mètres dans le sud de son aire. 

Aire Naturelle

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            Photo de l’Ile de Vancouver

1.2 Botanique

  • Arbre : très grande taille (100 M) dans son aire naturelle. En France, les arbres ne dépassent pas les 55 mètres.

  • Rameaux : souples, pendants, brun orangé, légèrement pubescents.

  • Rhytidome : d’abord lisse, gris vert, pustules de résine, puis liégeux, crevassé.

  • Aiguilles : droites, aplaties, molles, dégagent une forte odeur de citronnelle.

  • Fructification : irrégulière, apparaît à la 12éme année, bonne fructification tous les trois ans.

  • Fleurs : inflorescences mâles disposées face inférieure des rameaux, fleurs femelles vers le sommet de l’arbre.

  • Cônes : ovoïdes à maturité, pendants, de 6 à 9 cm de long.

  • Graines : triangulaires, de 6 à 8 mm de long, brun foncé sur la face, gris mat de l’autre, pour en avoir 1 Kg compter 95 000 graines.

  • Bois : le bois de douglas est brun rose au cœur, aubier jaune clair.

1.3   Ecologie

Actuellement en France le douglas est utilisé en reboisement presque partout. Ici je vous donnerai les caractères moyens de l’espèce.

C’est une essence de pleine lumière. Il ne supporte pas le couvert. Toutefois dans ses jeunes années un abri peut être bénéfique.

Pour espérer une bonne croissance le douglas réclame une pluviométrie annuelle au moins égale à 700 mm. Il lui faut également une température annuelle comprise entre 8 et 11°. En ce qui concerne l’acidité, le douglas pousse sur un sol acide (PH de 5 à 6). Si le douglas aime l’eau en abondance, il n’aime pas la garder (il lui faut un sol filtrant). Pour espérer des arbres de 40 à 50 mètres de haut, il lui faut un sol profond ou une très forte pluviométrie.

Il est aujourd’hui planté de 0 à 1200 mètres, mais à cette hauteur il faut être abrité. Il se développe très mal dans les régions ventés.

Pour ce qui concerne sa résistance au vent elle est très bonne. Le douglas ne casse pas il se déracine. Mais il faut faire attention, dans son jeune âge, il est encore peu stabilisé.

Il supporte également bien le froid hivernal, même dans son jeune âge. En ce qui concerne les gelées tardives, elles sont rares car il débourre tard. Mais on n’est pas à l’abri d’une gelée  très tardive. Cela se traduit par une destruction des jeunes pousses. On peut voir apparaître des fourches.

Si le douglas supporte assez bien la sécheresse estivale il ne supporte pas bien celle qui se produit en hiver. Cela se traduit par un rougissement des feuilles. On parle alors de « rouge physiologique ».

2. Le douglas en France

2.1 Introduction sur le territoire

C’est en 1842 à Louvigne le Desert qu’ont été plantés les premiers Douglas en France. Mais ces pionniers étaient plantés à titre d’ornement. Ce n’est qu’en 1872 que la première futaie de douglas vit le jour à Claveisolles.

22. Développement

Dans la seconde partie du 19° Siècle on le voit apparaître un peu partout en France. Mais cela est resté limité car le prix des plants était très élevé. Il faut attendre la création du FFN en 1946 pour voir les plantations se développer. Au niveau national, on voit que sept classes d’âge depuis 1910, depuis 0-4 ans jusqu’à 30-34 ans, totalisent plus de 312 000 Ha, soit 93,7 % de la surface totale. Le développement de l’espèce a été très modeste pendant les dix premières années du FFN et a atteint son apogée en 1975. On voit une baisse des plantations dans les années 1990 due au ralentissement de l’activité du FFN. Mais le douglas reste tout de même la première essence de reboisement avec une avance de 30% sur les autres résineux. On peut également voir que l’âge moyen des plantations est de 19 ans à heure actuelle.

2.3 Localisation

On localise la plus grosse partie des plantations dans le Grand Massif Central. La Saône et Loire compte 27 000ha. On comptabilise en France 333 000 hectares. La France est le premier pays de l’union Européenne avec plus de 60% des surfaces.

2.4 Propriétaire

            A l’heure actuelle, les douglasaies sont pour leur grande majorité privée (plus de 84%). Il faut noter que c’est très variable d’un département à l’autre. Les domaines possèdent  6% des surfaces totales et les 10 % restants sont possédés par les communes.

Douglas du mont de beaujolais

3. La sylviculture

3.1 Le choix de la station

Le douglas est une espèce qui peut s’adapter à des stations très diverses. Mais cependant il existe des limites  qu’il ne vaut mieux ne pas franchir, si l’on veut éviter des échecs.

Sur le plan de la pluviosité, une excellente croissance pourra être obtenue quand celle-ci atteint au moins 1000 mm/an. Cette pluviosité est couramment obtenue en versant Ouest des moyennes montagnes de notre pays comme par exemple les monts du Beaujolais et en Morvan. En dessous, une croissance tout à fait convenable sera atteinte. Mais il faut éviter de descendre en dessous de 700 mm/an.

Carte des cumuls des précipitations sur 1 an

         Le douglas supporte sans problèmes les basses températures en hiver. Mais au printemps il est sensible aux gelés tardives. Il existe des parades comme le choix de la provenance ou le débourrage est plus tardive.

         Pour ce qui concerne l’altitude, les provenances sont diverses comme on l’à vu dans le chapitre 1. Mais il faut rester prudent car aujourd’hui en France les plus belles productions sont entre 400 et 800 mètres d’altitudes.

         Un des points à ne pas négliger est l’exposition au vent car malgré ce que l’on en dit le douglas n’aime pas avoir la tête au vent.

         Et enfin le point le plus important : le sol. Le douglas est une essence relativement exigeante au niveau de ce dernier. Il ne tolère pas les sols hydromorphes (c'est-à-dire gorgés d’eau) (les sols avec beaucoup d’argile et de limons). Il n’aime pas les sols calcaires ainsi que les sols superficiels. Ce sont finalement les sols bruns acides (PH 5 à 6), suffisamment profonds, avec un taux de matière organique de l’ordre de 3 à 5 %, à texture de sable argilolimoneux qui conviennent le mieux au douglas.

         Pour résumé la meilleure station :

Altitude

400 à 800 m

Pluviosité

> de 700

Température moyenne

> de 9°

PH

De 5 à 6

Granulométrie

Argile < de 20 %

Limons < de 30 %

Sables > de 50 %

Profondeur du sol

> de 40 Cm

3.2 Le choix de la Provenance

Les peuplements contrôlés (étiquette bleue). Des plants obtenus à partir de graines récoltées sur ces peuplements ont été introduits dans des essais comparatifs avec des provenances de l’aire naturelle. Les peuplements ayant montré une supériorité pour un ou plusieurs caractères dans un ou plusieurs sites expérimentaux ont été admis dans la catégorie. Les peuplements contrôlés sont pour la plupart situés dans les monts du Beaujolais.

Vergers

Département

Altitude

Température

Pluviosité

Au Charnay

Saône-et-Loire

550

8

1016

Bois du Moulin

Saône-et-Loire

400

8

1016

Chassagne

Rhône

550

8

1016

Chatenay

Rhône

500

8

1016

En Argaud

Saône–et-Loire

500

8

1016

Les Perelles

Rhône

650

8

1016

Les Sarrets

Rhône

520

8

1019

Montaplant

Rhône

800

8

1016

Soultz

Haut-Rhin

550

9

970

St Just d’Avray

Rhône

750

8

1016

Vendresse

Ardennes

200

10

770

 Les peuplements classés (étiquette verte). Ils ont été sélectionnés sur des caractères extérieurs comme par exemple la rectitude du fût, la finesse de la branchaison. Ils sont regroupés en régions de provenance.

Les graines récoltées dans le cadre de dérogation (étiquette jaune). Ce sont des graines importées qui, pour l’essentiel, proviennent des Etats-Unis. Le territoire américain a été découpé en zones de récoltes.

3.3 La préparation du sol

La préparation du terrain a une importance capitale : elle conditionne souvent la réussite d’une plantation de douglas en influant sur les conditions de plantation et donc la reprise des plants, leur croissance ultérieure, la fréquence et la nature des entretiens futurs. Les techniques de préparation du terrain vont évidemment dépendre des rémanents, de la nature de la végétation en place avant les travaux, des caractéristiques du sol.

         Aujourd’hui, les souches et cépées sont arrachées soit au bull soit à la pelle mécanique puis sont mises en andins. Les andains correspondent toujours à une perte de place et ils gênent les travaux d’entretien ultérieurs, d’autant plus que les lignes de bordure sont concurrencées par une végétation souvent luxuriante qui tire parti de la terre végétale accumulée dans l’andain. Le dessouchage n’est pas une solution idéale.

Andainage à la pelle mécanique

         Le travail du sol a des avantages : développement racinaire, économie d’eau, enfouissement de la fertilisation. Pour cela il faut labourer le sol ou le sous-soler. Le labour se fait à l’aide de charrues forestières. La profondeur de travail des charrues à socs est de l’ordre de 30 Cm. Le labour est parfois réalisé en bandes, ce qui permet une légère économie. Sur le plan technique, les dérayures peuvent favoriser le drainage, mais la présence de la bande non labourée limite le développement des racines : les résultats du labour en bande sur la croissance des douglas sont toujours inférieurs à ceux obtenus avec la labour en plein. La présence de dérayures, qui persisteront pendant toute la vie du peuplement peuvent gêner les entretiens et travaux futurs. La végétation est rapide, elle va coloniser les bandes non labourées. Le graphique qui suit montre le développement des racines après un labour (donner en mm).

3.4 Choix de la densité

Ce choix est fondamental, car il va conditionner toute la sylviculture qui va suivre. Les densités élevées (plus de 2000 plants par Ha) ont été pratiquées dans les années 1950/60, car on ne connaissait pas grand-chose de l’espèce. Les inconvénients outre le coût élevé des plantations, étaient la production d’arbres filiformes (problème de chablis).

Plantation de douglas

A l’opposé, on connaît les inconvénients de densités vraiment très faibles (moins de 800 plants par Ha). Le propriétaire sera contraint de prolonger les entretiens, une perte de production, une branchaison importante. 

On peux résumer la densité de plantation comme suit.

Nombre par Ha entre 800 & 1000

Nombre par Ha entre 1000 & 1600

Entretien avec gestion d’une végétation d’accompagnement

Dépressage, éclaircies

Taille de Formation sur 200 plants

Elagage requis sur 6 M sur 200 tiges/Ha

 

On peut appliquer le tableaux suivent selon la sylviculture que l’on a appliquée.

En faveur d’une densité de plantation

Faible

Forte

Peu ou pas d’intervention possible si

Petite

Taille de la parcelle

Grande

Faible

Profondeur du sol

Importante

Forte

Pente

Faible

Faible

Présence du gibier

Importante

Grande

Distance débardage

Faible

Peu

Débouchées petits bois

Existent

Intervention Possible si

De qualité

Qualité du sol

Standard

Absent

Travail du sol

Présent

Absent

Fertilisation

Présent

mécanisables

Entretien

manuel

Conséquences du choix fait

Nécessaire

Regarnie

Inutile

Forte

Branche

Fine

Important

Volume d’un arbre

Faible

Non

Eclaircie en cloisonnement

Oui

Faible

Possibilité de sélection

Grande

Amputée

Densité de volume

Maximale

Moyenne

Forme des arbres

Bonne

réduit

Coût du reboisement

Important

3.5 Epoque de plantation

         Le choix de l’époque de plantation de douglas fait encore aujourd’hui débat. Il y a deux époques de plantation : au début de l’automne, et au début du printemps. En automne, les racines des plants sont encore actives, le sol est encore chaud et les racines pourront se développer en hiver. Les plants installés avant la saison morte repartiront plus rapidement dès les premier rayons de soleil. 

         Mais il faut rester prudent car il y a un risque de déchaussement du plant en hiver surtout s’il s’agit de petits Plançons.

Petit Douglas

3.6 Les entretiens de la plantation

         Comme on le sait, le douglas est une essence de lumière, très sensible à la concurrence. Si l’entretien est négligé on obtiendra inévitablement des plants filiformes qui, s’ils sont dégagés brutalement ne tiendront plus debout.

         Les dégagements peuvent être réalisés mécaniquement  ou manuellement. Ils débutent dès que les douglas ont passés leur premier été en forêt. Le nombre et la périodicité des dégagements dépendent de la végétation adventive présente sur la parcelle. On peut estimer en faire entre 1 à 3. Les dégagements mécaniques consistent à suivre les lignes. Entre chaque plant il reste donc de la végétation. Pour effectuer un Ha en dégagement mécanique il faut compter 4 heures et manuellement il faut environ 40 heures.

         Les nettoiements sont effectués au stade de gaulis à la tronçonneuse. Ils consistent à couper toute la végétation ligneuse adventive. Par exemple on coupe les rejets de châtaignier ou bien encore les frênes.

         La taille de formation est réalisée sur les arbres d’avenir. La taille de formation sur le douglas consiste à couper s’il y a lieu les doubles têtes.

3.7 L’élagage

L’élagage artificiel est une technique qui entre à grands pas dans les préoccupations des sylviculteurs. Pendant longtemps, ceux-ci ont cru que les branches mortes tomberaient d’elle-même. Il s’avère que c’est vrai mais à long terme. Il n’y a qu’une solution pour éviter la formation de nœuds noirs : couper les branches.

En théorie, il faut donc intervenir en élagage alors que le diamètre est encore très réduit (ainsi pour le débouché déroulage par exemple). On pourra commencer à élaguer dès que le diamètre à 1,30 M atteint 10 à 12 Cm. On élaguera de préférence en saison morte.

On peut élaguer tous les arbres à la hauteur de 2 mètres cela permettra une circulation plus aisée dans son peuplement. Mais il ne faut pas élaguer la ligne sur laquelle va passer la systématique (une ligne sur 5 ; ou 1 ligne sur 3). On peut ensuite élaguer les arbres à 6 mètres à la hauteur de 200 tiges par Ha. Le prix pour un élagage à 2 M est de 0,60 € et de 3 € pour 6 M.

3.8 Les dégâts

D’une manière générale, le douglas est peu affecté par les maladies. Le champignon que l’on rencontre le plus souvent, est sans aucun doute la rouille suisse. Ce champignon provoque une décoloration, puis un brunissement, enfin une chute des aiguilles. Il est facilement décelable par la présence à la face inférieure des aiguilles. Elle touche surtout des arbres affaiblis, installés dans des conditions difficiles, en station limite. Si la cause est une mauvaise nutrition, la fertilisation peut être la solution.

 L’abroutissement dû au cerf et chevreuil se traduit par des blessures infligées aux tiges. Dans ce cas, l’écorce est prélevée pour être consommée par les animaux. On peut pour se protéger mettre du répulsif au mois de mars de type Fegol.

Abroutissement de petit Douglas

L’armillaire est un champignon qui s’attaque aux racines des arbres ; les aiguilles jaunissent puis se dessèchent. Le champignon est décelable par la présence au niveau du collet d’un mycélium blanc. Sur le douglas il ne touche que les arbres affaiblis.

Le forme se rencontre aussi sur le douglas où il provoque des altérations sous la forme de début de pourriture du cœur. Lors des éclaircies on doit traiter les souches coupées avec de l’urée.

Le douglas est également sensible au vent si sa sylviculture n’est pas bonne comme nous l’avons vu dans le paragraphe 36.

Maladie

Tipe de Parasite

Fréquence

Détection

Traitement

Rouille suisse

Champignon

**

Sur la face inférieure des aiguilles on trouve un brunissement

Fertilisation du sol

Armillaire

Champignon

*

Aiguilles jaunissent puis se dessèchent

Rien

Fomese

Champignon

*

A la coupe de l’arbre on voit des taches noires sur le bois

Urée sur la souche couper pour éviter la propagation

Abrutissement

Cerf et Chevreuil

***

Blessures sur les tiges des jeunes plantations

Fegol, répulsif

Hylobe

Insectes

**

Morsures sur l’écorce des jeunes plants

Traitement préventif

Vers blanc

Insectes

**

Consommation des radicelles

Travaillez le sol l’année qui précède la plantation

Chermés

Insectes

*

Déformation des aiguilles

Ne justifient pas de traitement curatif

Grêle, foudre

Climat

*

Abrutissement du tronc et cassage des branches

Rien

4. la conduite du peuplement

4.1 La première éclaircie

Pour savoir quand intervenir il faut raisonner selon deux points : le pourcentage de fermeture du peuplement et la hauteur dominante du peuplement. Ce dernier point varie selon la station et la fertilité du sol. Si l’on a une faible densité de plantation (700 à 900 tiges/Ha).

De manière générale, le douglas à été planté 3X3 mètres et il reste avant la première éclaircie entre 900 à 1000 tiges par Ha. Pour ce type de peuplement il faut intervenir nettement plus tôt que pour ceux à faible densité, en moyenne entre 14 et 16 mètres.

Le choix de l’intervalle de cloisonnement sera fonction du peuplement. Si l’on est en présence d’un peuplement stable, de hauteur et de diamètre régulier, on a tout intérêt à pratiquer un cloisonnement une ligne sur trois. Mais si le peuplement n’est pas stable il faut faire une ligne sur cinq.

4.2 La deuxième éclaircie

Dans beaucoup de cas, c’est l’éclaircie intermédiaire, on va approcher les 400 tiges pas Ha. On va intervenir autour d’un facteur d’espacement de 23%.

4.3 La troisième éclaircie

  Pour cette éclaircie on va approcher les 250 tiges (peuplement final). Elle se fait quand les arbres ont une hauteur de 28 mètres.

5. Bûcheronnage et Cubage

5.1 Le bûcheronnage

Les grands espacements permettent le passage d’une grue et d’une tête de bûcheronnage de forte capacité sans risque de blessures pour les arbres restants. Par contre, en cas d’éclaircie sélective avec cloisonnement, la grande distance entre lignes impose rapidement des grues de longue portée (au moins 6 mètres). Pour se qui est du diamètre abattable les machines peuvent couper les diamètres de 70 cm. Mais il faut savoir que ces grosses machines ne sont pas adaptées au travail en éclaircie. Elles sont trop larges. Pour permettre de soulever un douglas de 25 cm de diamètre à 1,30 mètres pèse environ 500 kg. Pour le manipuler une telle masse, la machine de bûcheronnage a besoin d’un bras ou d’une grue puissante.

Les éclaircies de douglas sont parfaitement mécanisables à condition d’opter pour des machines de bûcheronnage dotées d’une tête puissante et robuste. On peux voir les machines de bûcheronnage couper jusqu’à 150 mètre cube par jour.

5.2 Le calcul des volumes

Pour permettre de cuber les bois sur pied l’AFOCEL a créé un tarif applicable pour le douglas de France. Un tarif de cubage est obtenu à partir de mesures réelles sur un grand nombre d’arbres, puis le calcul, par des moyens mathématiques appropriés, d’une équation qui représentera le mieux l’ensemble des cubages réalisés. Un tarif de cubage doit être accompagné de son domaine de validité.

Précisons aussi la notion de découpe : la découpe est le diamètre minimum au-delà duquel le volume n’est plus compté et auquel le bûcheron découpe le bois cela vari de 18 à 7 cm de diamètre.

 

 

 

 

 

Douglas découpe 18 cm FB

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut.

10

11

12

13

14

15

16

17

18

19

20

21

22

23

24

Diam.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18

 

41

42

43

44

45

46

47

48

49

50

51

52

53

 

 

19

 

58

62

65

69

72

76

80

83

87

90

94

98

101

 

 

20

 

75

81

87

93

100

106

112

118

124

130

136

142

148

 

 

21

 

92

100

109

118

126

135

143

152

160

169

177

186

194

 

 

22

 

 

 

130

141

152

163

174

185

196

207

218

229

240

251

 

23

 

 

 

151

165

178

191

205

218

231

245

258

272

285

298

 

24

 

 

 

172

187

203

219

235

251

266

282

298

313

329

345

361

25

 

 

 

 

 

 

246

264

282

300

319

337

355

373

391

409

26

 

 

 

 

 

 

273

293

314

334

355

375

395

416

436

457

27

 

 

 

 

 

 

 

322

345

367

390

413

435

458

481

503

28

 

 

 

 

 

 

 

350

375

400

425

450

475

500

525

549

29

 

 

 

 

 

 

 

378

405

432

459

486

513

540

568

595

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

V18 en dm3 sur écorce

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diam. à 1,30 m en cm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut. Totale en m

Cubage

6. Les volumes sur pied

6.1 Les volumes sur pied en France

Derrière ce terme général de production, nous distinguerons trois types de données statistiques : les volumes sur pied, la production, les volumes effectivement récoltés.

Les volumes sur pied. Ils sont donnés bois fort (découpe 7 cm). La France compte plus de 45 millions de m3 sur pied. La production annuelle est de plus de 4 millions de m3 pour la France entière.

6.2 Les volumes sur pied par région

Le douglas en Auvergne : avec une surface de 44 750 Ha en 1995, l’auvergne possède 13,5% de la surface totale française, ce qui la place au troisième rang. Dans cette région, l’épicéa et le sapin tiennent une grande place. Le douglas est arrivé dans les années 50. Plus de 97% des plantations ont moins de 40 ans. Le FFN a largement contribué à la plantation avec 10 246 ha reboisés dans les 10 dernières années de son existence. On peut noter que 25% des reboisements on été faits sans aide (13 656 Ha). Les volumes sur pied sont de 4,9 millions de M3. La production annuelle est de l’ordre de 449 400 M3 par an.

Le douglas en Midi-Pyrénées : La région Midi-Pyrénées possède 35 893 Ha de douglas. Cela la place à la cinquième place nationale. On constate que les peuplements de douglas sont très jeunes : 98,7% ont moins de 40 ans. Ici le douglas est très loin de couvrir l’ensemble de la région. On le trouve aux frontières de l’Aveyron et du Tarn. De 1984 à 1993, la région a reboisé 3 084 Ha avec l’aide du FFN. Le rapprochement avec la tranche d’age 0-9 ans (3 666 Ha) indique que 16% des boisements de douglas se feraient sans l’aide du FFN. La région est au 5 rang avec un peu plus de 3,7 millions de M3 sur pied. On a une forêt qui produit 360 000 M3 par an. Quand à la récolte elle est en moyenne de plus de 78 000 M3/an dont 51% de bois d’industrie. Quant aux éclaircies, elles seraient assez bien développées, y compris l’éclaircie une ligne sur 3 pour la première.

Le douglas en Rhône-Alpes : avec ses 41 000 Ha, la région est la quatrième de France. On note, malgré quelques plantations âgés, de 95% des peuplements ont moins de 40 ans. On peut voir que le douglas est très présent dans l’ouest du Rhône, l’est et l’Ouest de la Loire et le Nord de l’Ardèche. Mais il est quasi anegnotique ailleurs. Sur les dix dernières années, la région Rhône-Alpes a reboisé 5 312 Ha avec l’aide du FFN. Comme la tranche d’âge 0-9 ans compte 9 134 Ha. C’est 42% des boisements de douglas qui se fermaient sans l’aide FFN. On peut noter que 96% du volume est présent dans le Rhône, le Loire et Ardèche. La région est au second rang pour les volumes sur pied, ce qui traduit bien une forêt plus âgée. Le Rhône devient d’ailleurs le second avec un volume moyen a l’hectare de 217 M3. on retrouve la même tendance avec les récoltes. Sur les quelques 160 000 M3 récoltes en moyenne chaque année depuis cinq ans, il n’y en a que 10% en bois d’industrie dont la récolte plafonne depuis dix ans. On peut noter que la région est riche en peuplement âgés et dans de gros bois.

Douglas du mont du beaujolais

Le douglas en Limousin : Avec 54 709 Ha, en limousin est la seconde région de France, juste après la Bourgogne. La encore la douglaseais est jeune, avec 95% des peuplements qui ont moins de 40 ans. Mais il existe quelques peuplements âgés, notamment en Corrèze et en Haute Vienne, le bouquet de vieux Douglas de bord. Parmi les plus anciens de France. On peut se rendre compte que le douglas est omniprésent en Limousin. Les reboisements en douglas se sont maintenus à un rythme élevé jusqu'à une époque très récente, et cela sur les trois départements. La creuse est particulièrement concernée et c’est le seul département de France à avoir la plus grande surface dans la tranche d’âge 0-4 ans. Au cours des dix dernières années, 9 250 Ha ont été reboisés en douglas avec l’aide du FFN. Observons encore que si l’on compare la surface de la tranche 0-9 ans à celle de l’aide FFN pour la même période, on peut en conclure que 44% des reboisements se feraient sans l’aide du FFN en région Limousin, ce qui est très important.

Petit cône de douglas.

7. Economie et emplois crées par le douglas

            Nous allons voir quelle est la rentabilité que l’on peut avoir sur une plantation de douglas. Pour cela, nous avons besoin de connaître d’une part les coûts de production, et d’autre part les recettes.

7.1 Coûts de Production

Prenons l’exemple d’une coupe rase de taillis et défrichement de celle-ci à la pelle mécanique. Puis d’une plantation manuelle de plant A de douglas en 2+3. On compte 3 entretiens manuels sur les lignes et un regarni de 10% des plants. Par la suite on effectue un élagage à 2 mètres sur tous les plants (sauf une ligne sur 5). Puis on l’élague à 6 mètres 300 tiges. A cela s’ajoute les impôts fonciers que l’on paye à partir de la 31èms année (on va donc les payer pendent 20 ans). A cela il faut enlever les subventions (si parcelle de plus de 1Ha) environ 50% du devis. On peut résumer cela dans un tableau :

Nature des dépenses

Année

€ par Ha

Achat du terrain

0

1000

Andenage des rémanent

0

850

Plantation (1100 tiges/ha)

0

850

Regarnis (10%)

1

100

Dégagement (pendent 3 ans)

4

800

Elagage à 2M

13

450

Elagage à 6M

16

900

Impôt foncier (30€/an)

31

600

TOTAL général

 

5550

Moin prime de l’état

1800

Totaux Sur 50 ans

3750

Pour faire ce tableau, je me suis basé sur le prix qui est pratiqué par les entrepreneurs du monts du Beaujolais.

Si notre terrain est boisé en taillis, la coupe du bois va rapporter de l’argent. Le taillis en 2 mètres bord de route peut se vendre environ 20 à 23 €/S. on dois payer le bûcheron 10 €/S et le débardeur 5€/S. Il nous reste donc 5€ et sur une parcelle de 1 Ha on peut environ retirer 150 stères.

7.2 Recette attendue

            Les recettes sont uniquement celles de la coupe de bois. Nous allons découper les ventes de bois en 4 coupes. La première éclaircie à l’age de (voir) va produire 3 types de produits : de la trituration qui n’est pas payée, les petits billons de sciage (3 €/S) et des gros billons de sciage à 5 €/S. On peut estimer tirer de la première éclaircie un petit revenu d’environ 150 €.

         La deuxième coupe enlève souvent de la petite grume. On en prélève environ 100 M3 par ha. On peux se voir payer 15 €/M3. La coupe rapporte donc 1500 €/Ha.

         La troisième coupe ou l’on prélève environ 100 M3 de bois de taille moyenne (environ 0,8 M3 de moyenne) rapporte 30 €/M3. Soit 3000 € par Ha.

         La coupe finale va enlever environ 400 M3  par Ha. Les bois font environ 1,5 M3 de moyenne. On peut les vendre environ 53 €/M3. Soit 21 200 € par Ha.

Nature des recettes

Année

€ par Ha

Coupe 1

20

150

Coupe 2

26

1 500

Coupe 3

32

3 000

Coupe finale

50

21 200

Total recettes

 

25 850

On peut donc conclure que d’unvestir dans le douglas à l’heure actuelle rapporte 13,8% de la somme investie au départ (3750 €) par an. Cela est un placement à long terme qui entraîne de nombreux risques comme par exemple les tempêtes, on bien encore les incendies. A cela peut s’ajouter un risque de dévaluation des bois de douglas comme on la vu sur le sapin c’est 20 dernières années.

7.3 Macro Economie en France autour du Douglas

         Aujourd’hui le douglas est créateur d’emplois en France, mais il est aussi positif sur la balance du commerce extérieur.

         Le douglas est créateur d’emplois en France. Pour l’illustré nous allons prendre l’exemple de la région du Limousin. Cet échéancier tien compte des coupes de douglas jusque’en 2015 et les réactions sur l’emploi de sylviculteur et sur les exploitations forestières.

Création d’emplois dans les forêts Limousines

 

Chiffre réel

Chiffre réel

Prévision

Prévision

1995

2000

2005

2010

Douglas

Sylviculture

84

96

105

109

Ex. Forestière

312

328

482

415

Taillis

Ex. Forestière

3

3

8

20

A ces emplois créés au stade de la forêt, il faut ajouter ceux qui seront générés par la première transformation :

Création d’emplois dans les scieries Limousines

 

Chiffre réel

Chiffre réel

Prévision

Prévision

Périodes

1995

2000

2005

2010

Création d’emplois

68

130

249

250

On peut donc conclure en disant que pour la région du Limousin on aura une création de 750 emplois d’ici 2015. On ne prend pas en compte la deuxième transformation qui elle, est bien plus demandeuse de main d’oeuvre.

         Si l’on ramène au niveau national, on peut trouver 4 400 emplois pour 2015.

7.4 La balance du commerce extérieur

            Aujourd’hui le douglas est surtout utilisé dans le bâtiment. Depuis fort longtemps, la France est importatrice de sciages résineux : en effet, notre forêt est à dominance feuillue, environ les deux tiers en surface et le tiers restant en résineux n’est pas toujours très productif, ou d’exploitation difficile, en particulier en zone de montagne ou sont situés beaucoup de nos pins, sapin et autre épicéas ; pourtant nos besoins en sciages résineux sont importants, notamment pour la construction.

Pour redresser la balance le douglas présente 2 avantages majeurs : il est très productif et il a été beaucoup utilisé dans les boisements de bterres délaissées, surtout en zone de plaine et de moyenne montagne, là ou les conditions d’exploitation posent rarement de gros problèmes. Autrement dit la production française du douglas, en particulier celle obtenue depuis la création du FFN en 1946, devrait maintenant arriver très vite sur le marché.

8. Le bois de Douglas

8.1 Caractère général

Les cernes d’accroissement sont généralement larges ; elles peuvent dépasser 10 mm, surtout dans le jeune âge. La moyenne française se situe actuellement vers 4 mm pour des arbres âgés de 30 ans et plus. Les cernes du douglas sont toujours très apparents. En effet, la texture est élevée, même avec de forts accroissements, et varie entre 30 et 45%. Le bois d’été est fréquemment dédoublé.

Le duramen, rose saumoné dans le bois de printemps et brun orangé dans le bois d’été, se distingue nettement de l’aubier jaune brun. Le pourcentage d’aubier varie en fonction de l’âge des arbres et de la hauteur.

Le pourcentage d’écorce en volume est compris selon les classes de diamètre entre 15 et 17% à hauteur de 1,3 mètre, et diminue jusqu’a environ 13%, vers les 8 m, hauteur vers laquelle le pourcentage tend à se stabiliser.

La densité, rapport de la masse andydrie d’une pièce de bois sur son volume à l’état saturé, est de l’ordre de 400 g/dm3. Sur une mesure moyenne réalisée à l’usine de Tarascon la densité moyenne est de 425 g/dm3.

Le retrait sur le douglas est de l’ordre de 14% (à 10% d’humidité). Il est comparable à celui des pins, épicéas et sapins.

Propriété mécanique du bois

Essence

Flexion (g/dm3)

Rupture (N/mm2)

Chute d’une masse de 1,5 kg

Fendage

Douglas

410

91

0,69

9,5

Epicéa

330

66

0,51

8,4

Grandis

300

57

0,43

6

            Le tableau récapitule quelques ordres de grandeur des propriétés mécaniques du douglas en comparaison avec d’autres résineux.

8.2 Utilisation du bois

L’utilisation en charpente est le principal débouché du douglas, y compris pour les arbres d’éclaircie. Les excellentes propriétés mécaniques des bois de douglas, équivalentes ou supérieures à celles des autres résineux. Enfin le douglas est une essence qui se prête bien à la fabrication de charpente lamellé collée.

Sciage de Douglas

La bonne durabilité du bois de douglas lui offre un débouché important pour les menuiseries extérieures. Il est également très apprécié en menuiserie intérieure. Il est également utilisé pour faire des bois rond (poteaux EDF, barrière de sécurité).

Le contreplaqué est encore peu répandu, car les billes de qualité suffisante sont rares (trop de nœuds).

Le bois de première éclaircie, comme les sous produits de la première transformation est souvent utilisé pour la trituration. Pour ce qui est des qualités papeteries de ce bois couramment utilise dans la fabrication des pâtes chimique.

8.3 Exemple de réalisation en douglas

Le lycée de Grésivaudan, dans l'Isère, est un bel exemple de construction mixte : la structure poteaux-poutres en bois des 2 niveaux supérieurs repose sur un socle minéral constitué par le rez-de-chaussée en béton armé. Un équilibre qui facilite la régulation thermique du bâtiment.

Grâce notamment à une structure compacte et à des matériaux choisis avec soin, le bâtiment lycée répond aux exigences de Haute Qualité Environnementale du cahier des charges. Le bois permet en particulier de réaliser une meilleure isolation car il est facile de renforcer les épaisseurs d'isolant entre les éléments de structure. Par la simplicité des solutions mises en ouvre, ce bâtiment rappelle aussi qu'une démarche environnementale peut être synonyme d'économies.

 

Lycée, Villard-Bonnot (Isère)

Pont sans limitation de tonnage, Merle (Corrèze)

lycée de Grésivaudan

Merle (Corrèze)

 

Long de plus de 57 mètres, le pont de Merle franchit l'étroite vallée de la Maronne, en Corrèze. Le franchissement s'opère par la mise en ouvre de six multibéquilles d'appui, constituées chacune de cinq poutres à section en T, et reposant sur des socles en béton armé ancrés sur les versants de la vallée. La disposition en double Z inversé des béquilles confère une stabilité dynamique à la structure. L'ensemble de l'ouvrage est réalisé en lamellé-collé de Douglas, recouvert d'une lasure opaque qui protège le bois des rayonnements ultraviolets et réduit les échanges hygrothermiques. Un pont qui réunit deux rives, mais également la charpenterie traditionnelle et les techniques les plus récentes.

Exemple de sciage

Conclusion

Le douglas est originaire de la côte Ouest de l’Amérique de Nord, il a été introduit en France à partir de la moitié du 19ème siècle, mais il s’y est développé surtout depuis les années 50 grâce au FFN. Aujourd’hui il couvre 390 000 ha en majorité dans le grand Massif Central.

Les créations de peuplements artificiels sont maintenant bien connues. A l’instar du peuplier chez les feuillus. Le douglas réagit fortement à toutes les interventions de culture ou de coupe.

Le bois de douglas est aujourd’hui bien reconnu des scieries françaises même s’il n’atteint pas la qualité qu’il a dans son aire d’origine.

L’une des principales qualités est sa grande productivité : c’est sans doute ce qui a fait son succès auprès des reboiseurs. Dès son jeune âge, sa croissance est excellente, et exprimée en m3/ha/an, sa production est la meilleure des essences résineuses.

Bibliographie

Le douglas    AFOCEL 1998

Le douglas en France     AFOCEL  2004

www.lebois.com

www.canada.ca

Flore forestière Française      ENGREF  2001

 
 
 
 
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